Raymond MICHARD

    Astronome titulaire honoraire, né en 1925.

    Ancien président de l'Observatoire de Paris, Raymond Michard a partagé ses 60 années d’activités scientifiques entre la physique du Soleil et l’étude des galaxies.
En 1946 il reprit ses études scientifiques, culminant en Sorbonne avec le Certificat d’Astronomie Fondamentale enseigné par André Danjon et Jacques Lévy puis, fin 1947, rejoignit l’Institut d’Astrophysique de Paris, alors principale pépinière de jeunes astronomes. Daniel Chalonge était son « patron »: homme aussi généreux que savant, qui ne le découragea pas de tâter de la physique stellaire, d’astrophysique théorique, de radioastronomie, avant qu'il ne s’attache à la physique solaire, qui fut son domaine de prédilection pendant une vingtaine d’années (1950-71).
En 1961, durant un séjour aux Etats-Unis, il eut la chance de participer à la découverte des oscillations solaires de 5 minutes. En tant que chef du Service Solaire de l’Observatoire de Paris, il s’attacha à perpétuer son domaine d’excellence, la surveillance des manifestations de l’activité du Soleil, et à y développer des recherches nouvelles: observation de la couronne lors des éclipses totales, mesures des champs magnétiques responsables de l’activité.
En 1971
Il assuma la première présidence de l’Observatoire de Paris (1971-76), fonction instituée par la Loi Edgar Faure, lorsqu'il y fut élu Président. Il usa de ses pouvoirs (très étendus !) pour rationaliser la situation des personnels, favoriser la création du CERGA et du Laboratoire National de Métrologie des Fréquences, améliorer le Musée de l'Observatoire, achever la construction des bâtiments modernes du 77 avenue Denfert-Rochereau, et même encourager financièrement le travail de quelques bons chercheurs.
     A l’issue de son mandat, quelque peu dépassé par les progrès de la physique du Soleil, surtout dus à la recherche spatiale, il profita d'une année sabbatique à l’Université du Texas (1977-78), pour changer de spécialité, et choisit de se reconvertir à la physique des galaxies, plus spécialement les galaxies elliptiques et lenticulaires, dont il étudia la morphologie et le rayonnement. Durant les trente années suivantes, il passa maintes nuits dans les coupoles, produisant une quantité importante d’images, documentation heureusement complétée par les bases de données, et la précieuse collaboration de quelques jeunes astronomes. Ces efforts aboutirent à une abondante littérature dans Astronomy and Astrophysics.
Les tâches administratives le rattrapèrent durant les années 1981-89, période pendant laquelle
il a été chargé de la création de l’Observatoire de la Côte d’Azur en tant qu’administrateur provisoire (1987). Ayant imprudemment accepté la direction de l’Observatoire de Nice, il fut chargé par le Ministère d’opérer la fusion des deux laboratoires d’astronomie des Alpes-Maritimes. Un nouvel établissement, l’Observatoire de la Côte d’Azur naquit de la fusion du respectable Observatoire de Nice et du jeune CERGA. Cet «accouchement» ne se fit pas sans peine ! Ayant rempli cette mission, il put se consacrer de nouveau aux recherches extragalactiques, en tant que chercheur associé de l’Observatoire de Paris (1997-2008).


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